Materiae Variae Volume IV
Troubadours et juristes de Paul Ourliac
Les enjeux de la légalité dans Phèdre de Ralph Albanese
NOTES
LES ENJEUX DE LA LÉGALITÉ DANS PHÈDRE
* Cet article a été initialement publié dans la revue Studi Francesi n° 186 (2018), p. 416-424.
(1) Toutes nos citations de la pièce renvoient à l’édition de G. Forestier, Racine. Œuvres complètes, vol. 1, (éd.) G. Forestier, Paris, Gallimard, 1999.
(2) M. Greenberg, Subjectivity and Subjugation in Seventeenth-Century Drama and Prose, Cambridge, Cambridge University Press, 1992, p. 168.
(3) E. Zimmerman, La Liberté et le destin dans le théâtre de Jean Racine, Saratoga, CA, Anma Libri, 1982, p. 90.
(4) Voir, à cet égard, F. Orlando, Lecture freudienne de Phèdre, Paris, Les Belles Lettres, 1986, p. 100.
(5) Il convient de se reporter à l’article éclairant de L. Horowitz, "Racine’s Laws", Dalhousie French Studies n°49 (1999), p. 132.
(6) D’après le “discours naturaliste” de Théramène, tout mortel doit reconnaître la souveraineté de la loi de l’amour. Racine, Phèdre, Paris, Hachette, (éd.) X. Darcos, 1991, p. 4.
(7) Agrippine met en valeur ainsi l’hérédité inquiétante de son fils : "[...] je lis sur son visage / Des fiers Domitius l’humeur triste et sauvage" (Britannicus, I, 1, v. 35-36).
(8) J. Rohou met en évidence le décalage entre la conscience et la pulsion dans Phèdre : "Vénus est la pulsion, le Soleil la conscience, le monstre final est l’image du vœu monstrueux de Thésée et surtout de la concupiscence monstrueuse de Phèdre - dont cet "indomptable taureau" rappelle le demi-frère, le Minotaure - voire de la concupiscence qui s’est emparée d’Hippolyte et l’empêche de maîtriser désormais ses chevaux, autrement dit ses pulsions»" (J. Racine, Bilan critique, Paris, Nathan, 1994, p. 96-97).
(9) J. Brody, "Freud, Racine et la connaissance tragique", Lectures classiques, Charlottesville, Rook wood Press, 1996, p. 230.
(10) Conformément aux valeurs inhérentes à l’Ordre patriarcal, les lois conjugales "témoignent de la répression des femmes", c’est-à-dire, la soumission de la femme à son mari (M.-F. Bruneau, Racine, le jansénisme et la problématique de la modernité, Paris, Corti, 1986, p. 344).
(11) Se reporter à B. Höfer, Psychosomatic Disorders in Seventeenth-Century French Literature, Surrey, Ashgate, 2009, p. 197.
(12) Outre le récit de l’empoisonnement de Britannicus (V, 5), on peut citer l’aveu cruel de l’empereur : "J’embrasse mon rival pour mieux l’étouffer" (IV, 3, v. 1314).
(13) La formule qu’adresse Panope à Phèdre est fort paradoxale : "La mort vous a ravi votre invincible époux", v. 319 (nous soulignons).
(14) L. Horowitz, "Racine’s Laws", art. cit., p. 132.
(15) Selon L. Horowitz, la reine met en question ainsi la légitimité de la loi dynastique (ibidem p. 137).
(16) Voir à ce sujet C. Puzin, “Phèdre”. Jean Racine, Paris, Nathan, 1990, p. 47.
(17) Aspects de la relation filiale dans “Phèdre”, (dir.) R.L. Barnett, Re-Lectures raciniennes, Paris, Biblio 17, 1986, p. 224.
(18) C. Mauron, Phèdre, Paris, Corti, 1968, p. 105.
(19) Soucieuse de justifier la froideur d’Hippolyte, Phèdre finit par le disculper en citant les "sauvages lois" auxquelles il obéissait dans la forêt (III, 1, v. 783).
(20) J. Scherer évoque justement «"le) délire de culpabilité où Phèdre s’imagine confrontée à des personnages terrifiants, comme ceux qu’on peut voir dans un cauchemar, et qui sont autant d’images du Père justicier : le Soleil, Jupiter, Minos" (1273-1288), Racine et / ou la cérémonie, Paris, Puf, 1982, p. 158.
(21) E. McMahon, Racine’s Phèdre", Birmingham, AL, Summa, 1998, p. 89.
(22) C. Spencer, La Tragédie du prince, Paris, Biblio 17, 1987 p. 294.
(23) M. Edwards, La Tragédie racinienne, Paris, La Pensée Universelle, 1972, p. 282.
(24) L. Horowitz, "Racine’s Laws", art. cit., p. 141.
(25) F. Orlando, Lecture freudienne de Phèdre, op. cit., p. 35.
(26) Je tiens à remercier Ronald Tobin et Denis Grélé de leurs excellentes suggestions lors de l’élaboration de cet essai.