Les sciences sociales sont étroitement solidaires. A ce titre, le juriste ne saurait méconnaître que les règles de droit reposent sur des données économiques. L’économiste, de son côté ne peut faire abstraction des institutions juridiques, grâce auxquelles les vœux de l’économie politique se traduisent en règles obligatoires. Quand bien même cette interdépendance soit des plus naturelles, le droit, de manière générale (à l’exception de la tarification de certaines peines), se préoccupe peu des aspects financiers des rouages judiciaires qui ont pourtant un réel coût et des conséquences indéniables sur la vie et les finances des justiciables. Par exemple au Moyen-Âge, le prix des actes de procédures était tel, que les individus n’avaient pas forcément les moyens de résoudre leurs conflits par le biais d’un procès.
Ce second « Dossier de Juslittera » se propose donc d’étudier tous ces différents aspects économiques de la justice sous l’Ancien régime au travers le prisme de la littérature contemporaine (théâtre, littérature pamphlétaire, littérature satirique, utopie, etc..). En effet, même si la littérature présente souvent un système de représentation et de valeurs obéissant à certaines contingences inhérentes à la construction esthétique qui ne renvoient pas nécessairement aux réalités séculaires, les pratiques sociales effectives, cependant, offrent des matériaux fort intéressants ; et ces données textuelles fournissent de précieux éléments afin d’appréhender les aspects financiers de la justice qu’on ne retrouve pas forcément dans les sources qui sont le pain quotidien des juristes, des historiens ou des économistes.
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