Objet de curiosité et figure fantasmée jusqu’aux stéréotypes historiques, le bourreau est souvent réduit à l’état d’artisan de la peine de mort. S’il est pour les époques médiévale et moderne cet « exécuteur des hautes œuvres » – image que la conscience collective a eu à cœur de cristalliser – son métier embrasse toutefois une pluralité de tâches et de compétences : entre exécution des peines corporelles (amputation, strangulation, mise au pilori, etc.) et accomplissement des basses œuvres (équarrissage des charognes, fossoyeur, vidanges des fossés de la ville, etc.), le bourreau est un agent polyvalent.
De nombreuses questions se posent encore sur son recrutement, sa rétribution et la transmission de son savoir-faire. Existe-t-il une formation et un apprentissage de la profession ? Fortement associé à son office d’exécuteur, il est dépeint encore aujourd’hui comme un exclu de la société, comme un marginal montré du doigt et vivant aux limites de l’espace social. Toutefois, sources textuelles et figurées invitent par bien des aspects à s’écarter de cette vision infamante : marié, père de famille, résidant en centre ville, le bourreau paraît être un tant soit peu intégré.
Sommaire
 
           Frédéric Armand
           Un Monsieur très discret. Le bourreau dans les sources historiques
 
          
           Bernard Ribémont
           Le bourreau dans la littérature médiévale des XIIe et XIIIe siècles : un personnage    absent ?