Commentaire proposé par Martine Gallois (Université Lumière - Lyon 2)
Un lignage à la recherche de l'ordre
Analyse de l'oeuvre
 
Lieu de composition :
Les éditeurs du poème situent son lieu de composition dans la France septentrionale, plus précisément dans la région de Tournai.
 
Versification et langue :
34 298 vers alexandrins répartis en 697 laisses monorimes de longueur inégale, dont certaines dépassent cent cinquante vers. Quant à la langue utilisée par l’auteur, les éditeurs reconnaissent en Lion de Bourges « un exemple de picard littéraire », avec influences de l’Est.
 
Genre :
Considérée comme l’une des dernières chansons de geste, la chanson de Lion de Bourges présente des caractéristiques propres au genre épique. La reprise de techniques telles que les interventions du jongleur, ses injonctions au silence (« Signour, or faite paix… »), ou bien encore ses annonces prometteuses (« Ci commance l’istoire, ains millour ne dit on »), témoigne d’une volonté de donner une impression d’oralité et de chant épique. On note également l’emploi fréquent de formules traditionnelles (« La veyssiez baitaille », « La oyssiez sonner maint cor… ») et de vers d’intonation avec inversion épique (« Grande fuit la baitaille », « Or chevalche Lion »), favorisant l’identification de l’œuvre. Cependant, comme les œuvres datant approximativement de la même période (La Belle Hélène de Constantinople, Tristan de Nanteuil), la chanson de Lion de Bourges présente une écriture qui témoigne d’une contamination du genre épique par le roman. On constate notamment un allongement de la laisse qui peut contenir plusieurs éléments narratifs, permettant ainsi l’entrelacement des récits,   ce qui tend à l’éloigner de sa fonction purement lyrique. Lorsque la séquence narrative s’étend sur la ou les laisses suivantes, on note l’abandon des formes strictes de clôture. Cette évolution du chant épique vers l’écriture poétique est déjà perceptible dans le courant du XIIIe siècle, période au cours de laquelle les deux genres tendent à s’imprégner mutuellement.
 
D’autre part, compte tenu du nombre impressionnant de personnages et, par conséquent, de récits entrecroisés, la chanson est ponctuée de points de repères non inutiles, car l’entrelacement des récits peut aboutir à un intervalle allant jusqu’à deux cent cinquante laisses entre deux séquences consacrées à un même personnage. Ces transitions de type narratif peuvent prendre la forme de brefs résumés ou d’avertissements (« or lairait de… », « si vous dirait de… »), dans le corps d’une laisse longue ou à un changement de laisse, et sont destinés à faciliter la lecture d’un texte long et complexe.
 
Thèmes et personnages :
 
Le long poème de Lion de Bourges retrace la vie de Lion, de ses parents (le duc Herpin et la duchesse Alis), de ses enfants nés de son mariage avec la princesse Florantine (Olivier et Guillaume, frères jumeaux) et de son fils bâtard Girard. La famille de Lion de Bourges se trouve sans cesse fragilisée du fait des rivalités et des querelles. À double reprise, un enfant enlevé (ou abandonné) doit partir à la recherche de ses origines et prouver par ses prouesses qu’il appartient à la classe chevaleresque. Autour des protagonistes, gravite un nombre considérable de personnages faisant eux mêmes l’objet de récits s’imbriquant les uns aux autres ; l’entrelacement des récits et le foisonnement des détails confèrent ainsi une apparence très complexe à l’œuvre. Cependant, il apparaît rapidement qu’une ligne conductrice puisse se dégager dans le sens où chaque génération du lignage de Bourges va se trouver confrontée à la revendication du fief et à la reconquête des possessions tombées aux mains des traîtres.
 
Le recouvrement du fief, confisqué aux parents de Lion par Charlemagne, constitue un engagement majeur pour Lion, et entraîne le conflit contre l’empereur. Mais, pour exercer en toute légitimité cette revendication, il doit d’abord retrouver ses parents (puisqu’il est un enfant trouvé) et faire reconnaître sa valeur chevaleresque. Cela explique sa détermination à participer au tournoi de Monlusant, qui lui apportera la couronne de Sicile par son mariage avec la fille du roi Florantine. C’est une étape fondamentale avant la réintégration dans le lignage.
La reconnaissance du héros par son père permet à Lion de poursuivre la revendication du fief et d’obtenir de Charlemagne sa réhabilitation comme héritier légitime.
La quête des origines est le point de départ des multiples aventures du héros au Proche Orient. Elle implique une longue absence de celui ci, fragilisant sa cellule familiale. La rivalité entre Lion et le duc de Calabre entraîne l’enlèvement de l’un de ses fils jumeaux (nés précisément pendant son absence) et la perte du royaume de Sicile.
Le héros doit donc également consacrer son action à reconstituer sa propre cellule familiale, dispersée du fait des agissements des traîtres et des conflits. Le poème illustre combien est nécessaire la cohésion de tous les membres de la famille : les reconquêtes des possessions perdues sont l’œuvre de la famille réunie.
Olivier, enfant de Lion enlevé puis abandonné, connaît sensiblement le même parcours : il part lui aussi à la recherche de ses origines, conquiert par sa prouesse un royaume et la main de la princesse héritière, et traverse de multiples aventures avant de retrouver ses parents. Avec son frère Guillaume, il reconquiert les possessions tombées aux mains des traîtres.
 
Le mélange des thèmes développés dans Lion de Bourges montre que le poète a puisé son inspiration aussi bien dans un répertoire épique que dans le roman et les contes populaires. Ainsi, la revendication du fief et la querelle contre l’empereur rapprochent Lion de Bourges du cycle des barons révoltés et de la geste de Nanteuil. Les combats entre chrétiens et païens appartiennent à un ancien fond épique, tandis que la place accordée aux multiples aventures des héros apparente le poème au genre romanesque.
Le thème du Mort reconnaissant et celui du cor magique sont d’origine folklorique, mais ils sont déjà présents dans des romans, tels que Richars li Biaus pour le premier, et Haveloc le Danois pour le second. Le conte de La Fille aux mains coupées a servi de matériau de base à l’auteur pour élaborer l’histoire de Joïeuse, épouse d’Olivier.
On constate que, quel que soit le thème ou le motif, l’auteur de Lion de Bourges a puisé dans un très vaste répertoire déjà parfaitement connu de son public, selon une pratique fréquente à cette période.
 
v. 1 – 890 : Bannissement des parents de Lion et confiscation du fief de Bourges par Charlemagne ; première dispersion familiale ; perte de l’identité.
À la suite d’une fausse accusation proférée, lors de la tenue de la cour plénière, par un traître, Herpin et Alis sont bannis du royaume de France par Charlemagne et condamnés à l’exil. Le fief de Bourges est confisqué. Naissance du héros éponyme en forêt de Lombardie. Des brigands enlèvent Alis et abandonnent le nourrisson, qui reçoit la visite de quatre fées. Il est nourri par une lionne, puis recueilli par un seigneur du voisinage, Bauduyn de Monclin, qui le fait baptiser Lion en mémoire de l’animal qui l’avait protégé.
Herpin se réfugie dans un ermitage, tandis qu’Alis va séjourner à Tolède, en masquant son identité.
 
v. 891 – 1413 : Jeunesse de Lion ; ambition de conquérir une couronne royale.
Au château de Monclin, Lion reçoit l’éducation d’un jeune aristocrate. Bauduyn se trouve ruiné par la largesse et les dépenses du jeune homme. Lion refuse d’être le champion du sénéchal de Florence pour le tournoi de Monlusant, dont le prix sera la main de la fille du roi (apportant ainsi le royaume de Sicile au vainqueur). Ce refus sera lourd de conséquences pour le jeune héros.
 
v. 1414 – 3597 : Errance des souverains de Bourges, qui masquent leur identité.
À Tolède, Alis (sous le nom de Ballian d’Aragonne) travaille dans les cuisines de l’émir. Obéissant à  une voix surnaturelle, elle combat le géant Lucien. Elle est nommée sénéchal de Tolède. Pour justifier son refus d’épouser Florie (fille de l’émir de Tolède), elle doit révéler sa véritable identité. À nouveau, une voix surnaturelle lui apprend que le duc Herpin est toujours en vie, qu’elle doit fuir le palais et se déguiser en mendiante. Elle doit donc à nouveau masquer son identité.
Après dix-huit années passées dans un ermitage, Herpin participe à la défense de Rome. Victime de la jalousie de Gaudiffer de Savoie, chef des troupes chrétiennes, Herpin est vendu à des marchands païens. Dans les geôles du roi de Chypre, Herpin masque son identité. Il est ensuite envoyé en cadeau à l’émir de Tolède.
 
v. 3598 – 4976 : Lion entreprend la recherche de ses origines ; il a déjà en lui la volonté de revendiquer le fief.
Lion, désireux de se rendre au tournoi de Monlusant, demande à Bauduyn de l’équiper, mais celui ci, ruiné, ne peut le faire ; il révèle au jeune homme qu’il n’est pas son véritable père. Lion décide de partir à la recherche de ses parents, à la quête de son identité.
Avec la rencontre de Ganor, écuyer ayant servi ses parents, et celle d’un ermite, le héros apprend le bannissement des souverains de Bourges et la confiscation du fief. Lion jure de venger ses parents et de récupérer le fief de Bourges.
 
v. 4977 – 8314 : Rencontre du Mort Reconnaissant ; handicap de l’absence d’identité ; reconnaissance de la valeur chevaleresque ; formation de la coalition des Calabrais.
À son arrivée à Monlusant, Lion est l’objet de moqueries en raison de sa pauvreté. Il accomplit un geste déterminant pour le déroulement de sa destinée : il paye les obsèques d’un chevalier endetté ; celui ci reviendra sous les traits d’une créature merveilleuse (Le Blanc Chevalier) pour aider Lion.
La princesse Florantine offre à Lion sa couronne de roses. Lion convie à dîner de nombreux chevaliers. L’aubergiste Thiery s’inquiète lorsque Lion refuse que ceux ci payent leur part.
Parenthèse de l’auteur sur l’origine du cor magique que seul l’héritier légitime du fief de Bourges peut faire retentir.
Avant le début du tournoi, un chevalier, tout de blanc vêtu, se présente à Lion et lui propose son aide. Les prouesses du jeune homme, dont l’identité est inconnue, suscitent chez les autres participants des sentiments mêlés de curiosité et de jalousie. Florantine fait envoyer à l’aubergiste deux bêtes de somme chargées d’argent. À la fin du tournoi, Lion annonce une nouvelle fête pour le soir même. Il ignore qu’une coalition s’est formée entre le sénéchal de Florence, le duc de Calabre et le prince de Tarante avec pour seul objectif de lui nuire. Les conséquences du conflit qui en découlera seront très lourdes (perte des possessions, dispersion familiale).
Lion est officiellement reconnu comme champion. Le Blanc Chevalier révèle à Lion qu’il est le revenant du chevalier mort, envoyé par Dieu, puis il disparaît après avoir assuré le jeune héros de son aide en cas de besoin, en reconnaissance de son geste.
 
v. 8315 – 9041 : Enlèvement de la princesse ; début du conflit entre Siciliens et Calabrais.
Désirant s’approprier le royaume de Sicile, le duc Garnier de Calabre enlève Florantine et sa demoiselle de compagnie Marie, grâce à la complicité de sa cousine Genoivre.
Lion, le Blanc Chevalier et le roi Henry se lancent à la poursuite du ravisseur. Garnier de Calabre confie Florantine à son frère, le Bâtard de Calabre, qui se charge de la conduire jusqu’à Reggio.
Garnier se réfugie dans la forteresse de Monterose.
Bataille des Siciliens (qui reçoivent l’aide du Blanc Chevalier) contre les Calabrais. Siège de Monterose.
 
v. 9042-10752 : Faute du héros éponyme ; reproches du Blanc Chevalier.
Florantine est accueillie à Reggio par Clarisse, sœur de Garnier. Elle fait parvenir un message à Lion par l'intermédiaire d'un pèlerin. Lion emprunte les vêtements du pèlerin et se dirige vers Reggio. Le Blanc Chevalier prévient Lion des dangers qui le menacent et l'exhorte à ne pas tomber dans le péché. Avant son départ, Lion recommande de maintenir le siège de Monterose pour capturer Garnier de Calabre, le prince de Tarante et le sénéchal de Florence.
Lion (déguisé en pèlerin) pénètre dans le palais de Reggio, où il n’est reconnu que de Florantine. Puis, Genoivre reconnaît Lion. Clarisse fait venir Lion dans sa chambre où il admet sa véritable identité. Follement amoureuse, elle s'offre à lui : un bâtard (Girart) naîtra de leur union.
Florantine et Marie, déguisées en homme, parviennent à s’évader. Clarisse apprend la nouvelle de leur fuite et implore l'aide de Lion qui consent à l'emmener. Tous deux atteignent un château, véritable repaire de bandits. Lion tue ses assaillants, mais trois bandits enlèvent Clarisse ; elle est sauvée par un chevalier, Gautier de Monrochier, qui l'épouse.
Lion part à la recherche de Clarisse. Il rencontre le Blanc Chevalier qui lui reproche son infidélité envers Florantine. Avant de recouvrer l’aide de Dieu, il devra endurer de grandes souffrances.
Florantine et Marie apprennent que Lion s'est enfui de Reggio en compagnie de Clarisse. Elles se réfugient dans une abbaye. Florantine refuse d'envoyer un message à Lion et jure de finir ses jours à l’abbaye, si Lion épouse Clarisse.
 
v. 10753-12738 : La main de la princesse et la possession du royaume de Sicile sont au centre du conflit entre Siciliens et Calabrais.
Le roi Henry, père de Florantine, assiège toujours Monterose, mais les troupes siciliennes sont repoussées alors que le Bâtard de Calabre arrive avec une armée de renfort. Un combat acharné a lieu. Les Siciliens sont largement surpassés. Le duc de Calabre s'aperçoit avec satisfaction que ni Lion, ni le Blanc Chevalier ne sont là. C'est la déroute, et le roi est fait prisonnier.
Lion revient vers Monterose et rencontre l'armée sicilienne en déroute. II lance une contre-attaque et déguise un des siens en blanc pour faire croire à l'ennemi que le Blanc Chevalier est présent. Frayeur du duc Garnier. Lion délivre le roi Henry et tue le Bâtard de Calabre, tandis que le prince de Tarante parvient à abattre le chevalier de blanc vêtu. Le duc Garnier prend la fuite et rejoint Reggio où il est accueilli par Genoivre qui lui apprend la quadruple évasion. Le duc l'accuse de trahison et la condamne au bucher. Sauvée grâce à l'intervention du prince de Tarante, Genoivre est exilée.
À l'abbaye, Florantine apprend que Lion a aidé son père et qu'il n'est pas accompagné de Clarisse. Elle envoie un message à Lion pour lui indiquer où elle se trouve.
Genoivre se dirige vers l'abbaye. Reconnaissant les deux évadées, elle envoie un message à Garnier.
Au palais de Reggio, le duc Garnier, le prince de Tarante et le sénéchal de Lombardie se réjouissent de la mort du chevalier vêtu de blanc. Le duc se rend à l'abbaye, où il trouve Florantine alitée. Pour mieux le tromper, elle feint d’être malade, accuse Lion et le renie. Elle fait ainsi repousser de quelques jours le départ, afin que Lion ait le temps de lui porter secours. Marie envoie un éclaireur jusqu'à Lion.
Laissant une partie de ses hommes, Lion se dirige vers l’abbaye. Lorsque Lion pénètre dans la chambre de Florantine, le duc sait qu'il est trahi. Les Calabrais massacrent l'arrière-garde de Lion, puis portent secours à leur seigneur. Lion blesse le sénéchal de Florence, mais il est aussi blessé.
Lion, Florantine et Marie sont faits prisonniers et quittent l'abbaye en direction de Reggio. Se souvenant des prédictions faites par le Blanc Chevalier, Lion se repent sincèrement de ses péchés. Dieu envoie le Blanc Chevalier (accompagné d'autres chevaliers) à son secours.
Lion se lance à la poursuite du prince de Tarante et du sénéchal de Lombardie. Le duc de Calabre s'enfuit. Lion rattrape le sénéchal de Florence qu'il tue en combat singulier.
Lion retrouve le Blanc Chevalier, qui fait un miracle en guérissant ses blessures ; puis, il retrouve Florantine. Le Blanc Chevalier disparaît dans une nuée, après avoir recommandé à Lion de retourner tout de suite en Sicile.
 
v. 12739 – 13537 : Mariage Lion et Florantine ; poursuite du conflit.
Lion et Florantine regagnent Monlusant, où le mariage est célébré. Le soir, Bauduyn de Monclin arrive.
Cette nuit-là, Lion engendre des jumeaux, Herpin et Guillaume.
Quinze jours après le mariage, Lion expose à Florantine son désir de se venger du duc de Calabre. II confie Florantine et la défense de Monlusant à Bauduyn. À la tête d'une puissante armée, il pénètre dans le pays de Calabre. Mais avant même que Lion atteigne la ville de Reggio, le duc Garnier s'enfuit et gagne Rome où il pense obtenir l'arbitrage du pape grâce à l'influence de son cousin Gaudiffer de Savoie.
Le prince de Tarante se sépare de Garnier et regagne son fief.
Intervention du pape : Lion présente au pape sa version des faits, tandis que Gaudiffer défend la cause du duc de Calabre. Le pape reconnaît en Lion les traits du duc Herpin et renvoie les parties devant un jury de douze membres, en présence duquel le duc Garnier offre à Lion de devenir son homme lige et de lui verser cent mille florins d'or. Lion ne peut refuser. Cependant, Garnier ne pense qu'à la vengeance.
 
v. 13538 – 14562 : Trahison et mort de Gaudiffer.
Garnier retourne dans ses terres. Le pape annonce à Lion que son père Herpin est mort au cours d'un pèlerinage et ordonne à Gaudiffer de Savoie (seul témoin du drame) de guider Lion jusqu'à la sépulture de son père. Gaudiffer offre l'hospitalité à Lion et à son écuyer Ganor. Lorsque ceux ci sont endormis, il s'empresse d'aller recruter une bande de meurtriers. Mais le Blanc Chevalier intervient : il apprend à Lion la double trahison de Gaudiffer et l’aide à repousser les meurtriers à gages de ce dernier.
Gaudiffer se présente devant le pape pour lui faire croire qu'il a été attaqué. Lion rapporte à son tour la vérité et demande de faire avouer le traître dans un combat singulier. Avant le combat, au moment de jurer sur les reliques, Gaudiffer se met à tournoyer, puis tombe. Malgré ce présage, il accepte le combat. La lutte est acharnée. Vaincu, Gaudiffer consent à avouer ses crimes. Puis, il est écartelé et pendu.
Lion et ses compagnons rentrent à Monlusant.
 
v. 14563 – 15381 : Lion part à la recherche de ses parents ; nouvelle dispersion familiale.
Avant son départ, Lion confie Florantine à Bauduyn et la défense de la ville à son chambellan Thiery. Florantine accouche de deux fils, Guillaume et Herpin.
Le duc Garnier de Calabre poursuit son projet de détruire le lignage de Lion de Bourges. Averti du départ de Lion et de la naissance de ses fils, il confie à Genoivre la mission de faire enlever les deux enfants. Elle fait déguiser en pèlerine une de ses dames de compagnie qui réussit à s'emparer de l'un des jumeaux (Herpin). De retour à Reggio, la pèlerine remet l'enfant à Genoivre en lui expliquant que le deuxième est mort. Garnier charge un de ses écuyers, Henry, de se débarrasser de l'enfant.
L'écuyer conduit celui-ci dans une forêt voisine pour l'exécuter, mais au moment où il lève son épée, l’enfant se met à sourire. Henry renonce à son crime et fait croire à Garnier que l’enfant est mort.
Abandonné sous un olivier, l'enfant est recueilli par un vacher (Élie) qui le fait baptiser Olivier. La femme du vacher (Beatris) remarque que l’enfant porte la croix rouge sur l'épaule.
 
v. 15382 – 16418 : Guerre contre Garnier de Calabre ; perte du royaume de Sicile.
Pensant que Lion n'a plus d'héritier direct, Garnier attaque la Sicile, malgré le serment qu'il avait prêté à Rome. Il somme les bourgeois de Bonnivant de se soumettre. Ceux ci refusent et pendent les messagers.
Garnier somme le roi Henry de lui livrer Florantine et attaque Bonivant. Les habitants demandent l'aide du roi Henry. Déroute des forces siciliennes ; le roi Henry est abattu. Les habitants s'enfuient. Le lendemain, Garnier entre dans une ville déserte qu'il donne en récompense à son écuyer Henry.
Les Siciliens se réfugient dans la tour de Monlusant, que Garnier attaque. Il s'empare de la cité. Seule la tour résiste, mais les vivres viennent à manquer. Florantine, Bauduyn et Guillaume s’enfuient pour se diriger sur Palerme. Ils s'installent (pour 16 ans) chez un riche bourgeois. Pendant ce temps, Thiery reste avec ses hommes pour défendre la tour. Entrevoyant l'échec, le duc de Calabre essaie de soudoyer Thiery qui rejette la proposition en mentionnant que Florantine et son fils Guillaume ont déjà quitté la tour. Garnier constate son échec, incendie Monlusant et décide de laisser son armée au commandement de son écuyer Henry.
 
v. 16419 – 17262 : Aventures de Lion au Moyen Orient pendant la recherche de ses parents.
À Rhodes, Lion délivre une jeune fille (Margalie) emprisonnée dans une forteresse par un géant qu’il tue en combat singulier. Lion offre son écuyer Ganor en mariage à Margalie, qui reçoit en baptême le nom d'Alis en souvenir de la mère de Lion.
À Chypre (lieu probable de destination d'Herpin), le roi indique qu’il a fait cadeau de deux cents prisonniers chrétiens à divers princes sarrasins. Désespoir de Lion face à l'imprécision des renseignements donnés.
Lion offre son assistance au roi de Chypre en guerre contre le sultan de Damas et Sinagon de Palerme, à condition qu'il l'aide à retrouver son père. Lion et ses guerriers sont vite encerclés par un ennemi bien supérieur en nombre, mais le Blanc Chevalier, accompagné d'une armée de saints, intervient et sauve Lion et ses hommes. Devant un tel miracle, le roi de Chypre décide de recevoir le baptême et de faire convertir son peuple. Le roi prend le nom d'Herpin en souvenir du père de Lion.
 
v. 17263 – 18134 : À Tolède, Herpin réalise un exploit, mais il ne peut retrouver sa liberté.
Le géant Orible assiège Tolède dans l'espoir d'obtenir Florie, la fille de l'émir. Sous la pression de ses sujets affamés par le long siège, l'émir décide de sacrifier sa fille à Orible. Herpin de Bourges s'offre pour aller combattre le géant. L'émir consent. Avant l'aube, Herpin lance son attaque. Les Sarrasins sont surpris en plein sommeil et Orible est fait prisonnier. Lorsque les païens se rendent compte du faible nombre des assaillants, ils reprennent le combat. Dieu intervient en envoyant saint Dominique, saint Georges, saint Jacques et une armée de saints anonymes pour sauver les chrétiens. Herpin reçoit un accueil triomphal. L'émir le nomme gouverneur de ses terres et l'oblige à rester dans son royaume. N'ayant aucun choix, Herpin accepte tout en obtenant de l'émir le droit de vivre à l'écart, au château de Haut-Lieu où il peut pratiquer sa religion.
 
v. 18135 – 19049 : Retrouvailles des parents de Lion.
Florie obtient de son père la permission d’épouser Herpin (alors que l’émir voulait qu’elle épouse Gombaut de Cologne). Herpin cède. Alis apprend la nouvelle du mariage. À Haut Lieu, Alis entend Herpin confesser à ses hommes qu'il est forcé d'épouser Florie. Le jour du mariage, Alis pénètre dans le palais. Devant la table d'Herpin, elle commence à chanter l'histoire de sa vie. À la fin de son récit, elle s'évanouit. Herpin reconnaît sa femme. Stupéfaction à la cour de l'émir. Herpin et Alis s’installent au château de Haut Lieu.
 
v. 19050 – 20573 : Lion retrouve ses parents et, de là, son identité.
Mis au courant des précédents évènements, Lion décide de partir pour Tolède.
Au port de Magloire, un géant exige le versement d'un péage. Lion refuse de payer. Après un sévère affrontement, Lion l’emporte et laisse le contrôle du port à la comtesse d'Eu dont le mari et les enfants avaient été tués par le géant.
Lion apprend qu'un tournoi aura lieu à Tolède pour fêter le mariage de Florie et de Gombaut de Cologne. Herpin étant l'hôte de l'émir se trouve dans le même camp que Gombaut. Lion joute contre son père trois fois de suite (sans connaître son identité). Gombaut veut venger Herpin, mais Lion renouvelle son exploit en lui brisant la cuisse. L'émir de Tolède se moque de Gombaut, qui jure de se venger.
Lors de la réception organisée par Lion et au moment où Alis remet à Lion la couronne d'or du vainqueur, elle remarque la ressemblance de Lion et d’Herpin. Lion apprend alors qu'Alis est sa mère et qu'Herpin est son père. Lion raconte son enfance. Ganor retrouve Herpin.
 
v. 20574 – 20833 : Lion doit recouvrer ses droits à Bourges ; mort d’Herpin et d’Alis.
Après un séjour de quatre mois avec ses parents à Haut-Lieu, Lion décide de repartir pour aller recouvrer ses droits à Bourges (sonner le cor, puis combattre Charlemagne). II laisse Ganor avec ses parents.
Meurtre d’Herpin par Gombaut de Cologne. La duchesse Alis meurt de chagrin.
 
v. 20834 – 21611 : Séjour de Lion en Féerie ; revendication du fief de Bourges.
Devant un château, dans la forêt des Ardennes, Lion se fait désarçonner par un nain bossu, puis il affronte un géant dont il triomphe. C’est Auberon, qui avait d'abord attaqué Lion sous les traits du nain bossu et qui invite Lion à séjourner dans le château enchanté. Six années passent plus vite que six jours et Lion oublie le fief de Bourges, Florantine et son propre royaume de Sicile. Le Blanc Chevalier intervient pour remettre Lion sur la route de Bourges, puis, il quitte Lion.
À Paris, Lion trouve Charlemagne occupé à préparer une expédition contre le magicien Gombaut de Cologne qui vient d’enlever sa femme Honnoree (fille de Guitequin de Dortmund) et qui s'est réfugié à Tremoigne, près de Guitequin.
Avant d'entrer dans la cité de Bourges, Lion est mis au courant des exactions commises par Fouqueret, représentant de Charlemagne. Un espion avertit Fouqueret, qui se rend à l'auberge et somme Lion de se rendre, au nom de l'empereur. Lion le défie au nom d'Herpin de Bourges, puis l'abat d'un coup d'épée. Les Berruyers veulent arrêter cet inconnu, mais il est défendu par le bon Hermer. Celui ci héberge Lion qui ne peut cacher plus longtemps ses origines et le but de sa venue à Bourges.
Le lendemain, Lion passe l’épreuve du cor dont le son retentit haut et clair dès la première tentative. Tous les Berruyers se précipitent pour acclamer leur nouveau maître. Lion s'adresse à la foule, dévoilant ses origines et incitant la population à lui être fidèle. La joie éclate dans la ville entière et les hommes de Fouqueret sont arrêtes, mutilés et renvoyés à Charlemagne.
 
v. 21612 – 23103 : Reconnaissance de Lion comme héritier légitime du fief par Charlemagne.
En route pour la Lombardie (où l’enchanteur Basin a emprisonné Gombaut et Honnoree dans un château enchanté), Charlemagne décide de se diriger plutôt sur Bourges afin de reprendre la ville. La bataille entre les troupes de l’empereur et celles de Lion est acharnée. Finalement, Lion se retire du champ de bataille et regagne Bourges, tandis que l'empereur vient y mettre le siège.
Après une semaine de siège, Basin annonce à Charlemagne que Gombaut va recevoir l’aide de Guitequin de Dortmund. Dieu intervient : la nuit, une voix céleste enjoint à Charlemagne de faire la paix avec Lion qui est l'héritier légitime de Bourges.
Lion accepte l'offre de paix et prête hommage à Charlemagne. Il promet de venir l'aider dans sa poursuite de Gombaut. L'écuyer Ganor arrive et annonce à Lion le meurtre de son père par Gombaut. Lion prend la résolution d’accompagner Charles afin de se venger.
Lion réussit à abattre Gombaut, confirmant ainsi la prédiction qui avait été faite au magicien par le diable.
Les troupes de Charlemagne triomphent. Honnoree est libérée. Le Blanc Chevalier aide Lion qui se sépare rapidement de l'empereur afin d'aller reconquérir son royaume de Sicile, tombé aux mains de Garnier.
 
v. 23104 – 24752 : Reconquête du royaume de Sicile ; rétablissement de l’ordre.
Lion passe d'abord par Bourges où il s'arrête pour faire chevaliers les quatorze fils d'Hermer. Puis, il part pour la Sicile en compagnie de Morandin, l'aîné des fils d'Hermer, et de son fidèle écuyer Ganor.
Assiégé depuis quatre mois par Henry de Palerme, Thiery résiste toujours dans sa tour de Monlusant, mais les deux hommes décident d’un commun accord de se départager par un combat singulier : le vainqueur restera maître de la tour de Monlusant. Peu avant le combat, arrive un navire à bord duquel se trouve Bauduyn. Toujours à la recherche de Lion, il apporte de bonnes nouvelles de Florantine et de son fils Guillaume, puis encourage Thiery à résister et à défendre l'héritage de Guillaume.
Le combat entre Thiery et Henry n’apporte pas de vainqueur. Épuisés, les deux hommes conversent : Henry reconnaît que son seigneur Garnier est un traître, mais c'est par peur de Lion qu'il reste à son service. Thiery assure Henry que Lion lui pardonnera d'avoir abandonné son fils dans la forêt. Henry accepte.
Lion entre à Monlusant à la tête de nouvelles troupes. Il félicite son chambellan et tient à le récompenser. Celui-ci demande et obtient le pardon d'Henry. Lion apprend le sort réservé à son fils Herpin (Olivier) et à Florantine. II jure de se venger sur Garnier et Genoivre.
Au bout d'un an, Lion finit de reconquérir son royaume. II fait alors porter ses efforts sur la Calabre qu'il attaque à la tête d'une puissante armée.
 
v. 24753 – 24112 : Un fils inconnu de Lion : le bâtard Girart.
Après avoir ravagé le pays et détruit la plupart des forteresses, Lion voit se dresser devant lui la redoutable tour de Monrochier, défendue par Gautier dont la femme est Clarisse, sœur de Garnier. Celle-ci vient d'apprendre l’arrivée de Lion dans les environs. Elle est amenée à avouer à Girart qu’il est le fils bâtard de Lion, mais elle le supplie de se battre pour le duc Garnier. Cependant, Girart décide de se joindre aux forces de son père, Lion, qui assiège Reggio. Avant de se présenter à lui, Girart veut accomplir un exploit.
 
v. 24113 - 24801 : Enfance d’Olivier ; départ pour la quête des origines.
Olivier avait été recueilli par le vacher Élie, qui l’élève comme son propre fils et lui donne l’éducation d’un jeune vacher. Mais progressivement la vraie nature d’Olivier se révèle, en particulier lorsqu'il s'entraîne à jouter seul. Ne pouvant pas résister à l’appel des armes, il vend le troupeau de son père, s'achète l'équipement d’un chevalier et se rend à un tournoi organisé par le châtelain voisin en l'honneur du mariage de sa fille. Avant l'ouverture des joutes, Olivier observe attentivement le comportement des chevaliers afin de pallier son manque d’éducation.
À l’issue du tournoi, il est reconnu champion et reçoit la couronne d’or des mains d’Alexandrine, sœur de la mariée. Cette nuit là, la jeune fille se donne à Olivier et lui offre une bague d'or. Malgré ses promesses, Olivier ne la reverra jamais.
À son retour chez lui, Olivier trouve son père adoptif abattu par la découverte du vol. Élie rejette avec dédain la couronne d'or que lui offre Olivier et lui dévoile qu'il n'est pas son véritable père. Olivier décide donc d'aller rechercher ses vrais parents.
 
v. 24802 – 25426 : Olivier est couronné roi de Burgos ; il poursuit la quête de ses origines.
En route vers l'Espagne, Olivier apprend que le roi Anseïs de Carthage vient de perdre Burgos qui passe aux mains des païens. Avant d'arriver à la cour du roi, Olivier surprend les Sarrasins et s'empare de deux rois païens qu'il offre à Anseïs. Le lendemain, les chrétiens d’Anseïs affrontent les païens qui sont sur le point de remporter la victoire, lorsque Dieu envoie le Blanc Chevalier au secours d'Olivier et des chrétiens.
Après la victoire, la fille du roi, Galienne, saisit l'occasion d’une partie d'échecs avec Olivier pour lui faire connaître ses sentiments. Le jour suivant, Olivier aide Anseïs à reconquérir Burgos que le roi lui accorde en récompense. Désormais, Olivier est connu sous le nom d'Olivier de Burgos. Anseïs meurt et laisse comme seule héritière Galienne qui épouse Olivier. Le fils de Lion devient ainsi roi de toutes les Espagnes.
Cependant, au cours de la première nuit passée avec Galienne, une voix céleste l'incite à dévoiler ses origines et à s'embarquer pour Palerme, car c'est là qu'il retrouvera sa famille.
 
v. 25427 – 26828 : Réintégration du bâtard Girart dans le lignage ; réunification de la famille et reconquête de Palerme.
Girart réussit à capturer le prince de Tarante, mais refuse de le livrer à Lion, venu à sa rencontre. Girart dévoile ses origines et Lion le reconnaît comme son fils.
Après la prise de Reggio, Lion fait annoncer une forte récompense pour celui qui retrouvera son fils Herpin (baptisé Olivier par Élie). Ce dernier se présente devant Lion et lui révèle qu’il avait trouvé un enfant portant la croix royale sur l’épaule. Pensant qu’il s’agit bien de son fils, Lion le charge de le retrouver, tandis qu’il se dirige vers Palerme.
Élie et Henry prennent la direction de Burgos où ils apprennent les exploits d'Olivier et son mariage avec Galienne. Celle ci leur annonce le départ d'Olivier pour Palerme. Elle décrit le bouclier d'Olivier.
De retour à Palerme, Élie et Henry font savoir à Lion que son fils se trouve dans son armée et que l’on pourra le reconnaître grâce à son bouclier.
Lion retrouve Olivier ; il espère retrouver aussi Guillaume, Florantine, Bauduyn et Marie, qui vivent depuis longtemps chez le bon païen Ysoré, dans Palerme même.
Au petit matin, Lion attaque Palerme.
Les vivres venant à manquer, Florantine incite Bauduyn à fuir et à regagner le camp des chrétiens. Ils sont capturés dans les douves, par Girart et Olivier, tous deux de garde cette nuit là.
Le jour venu, Florantine remarque la ressemblance extraordinaire des frères jumeaux, puis elle reconnaît Lion. La réunion de toute la famille donne lieu à des manifestations d'émotion et de joie. Peu après, Lion donne Marie en mariage à Girart et lui accorde le duché de Calabre.
Palerme tombe ; le païen Sinagon s'en enfuit pour rejoindre la cité de Falise que possède sa nièce Gracienne. Lion pénètre dans Palerme et en fait cadeau à Guillaume.
Puis, avec Florantine et Bauduyn, il retourne à Monlusant pour restaurer la ville. Olivier retourne à Burgos.
 
v. 26829 – 27007 : Mort de Florantine ; Lion se retire dans un ermitage.
Florantine tombe malade et expire. Lion se retire dans un ermitage pour y passer le reste de sa vie à prier. Il laisse un message à ses fils dans lequel il partage ses possessions : Guillaume reçoit Bourges, Olivier la Sicile.
 
v. 27008 – 27777 : Palerme tombe aux mains des païens ; nouveau désordre à Bourges.
Guillaume se dirige vers Palerme ; Olivier retourne en Espagne.
Herpin de Chypre guerroie les païens en Terre Sainte. II fait appel à Olivier qui le rejoint à Ascalon, dont la reine est assiégée par l'horrible nain Otinel qui désire l'épouser. Olivier affronte le nain, qui possède des pouvoirs diaboliques, en combat singulier. Grâce à la prière, Olivier finit par lui assener un coup mortel ; le diable s'échappe du corps d'Otinel pour disparaître au fond des mers.
Guillaume est à Palerme en compagnie de Ganor, l'écuyer de Lion, du bâtard Girart, d'Henry et de Morandin. Tous conseillent à Guillaume de prendre femme. Son choix se porte sur Gracienne de Falise, nièce de Sinagon. Si le roi refuse, Guillaume lui fera la guerre.
Morandin sert de messager, mais il trahit Guillaume en proposant à Sinagon un plan lui permettant de reconquérir Palerme et se saisir de Guillaume. Le plan est exécuté. Les païens pénètrent dans Palerme. Guillaume est capturé, jeté en prison ainsi que ses amis. Sinagon occupe de nouveau Palerme.
Morandin s'empresse de mettre ses frères au courant de ses succès et les encourage à prendre le pouvoir à Bourges, en cachant le cor magique. Un des frères, Ysacart de Monmort, remplace le vrai cor magique par un faux impossible à sonner. Les fils d'Hermer essaient vainement de détruire le vrai cor. Ils l'enterrent profondément, mais un arbre en ressort dont les feuilles sont en forme de cor.
 
v. 27778 – 28252 : Épisode de Joïeuse : son automutilation et son exil.
Herpin de Chypre apprend que sa femme est mourante. Il arrive juste à temps pour entendre les dernières paroles de son épouse. Celle-ci supplie Herpin de ne pas se remarier s'il ne peut trouver une femme qui soit son exacte réplique. Après la période de deuil, les barons de Chypre pressent Herpin de se remarier. II accepte à la condition de respecter les vœux de sa femme. Après de vaines recherches, les barons conseillent à Herpin d’épouser sa fille Joïeuse, car elle seule remplit les conditions requises. Herpin accepte avec joie et s'en ouvre à Joïeuse qui ne peut cacher sa répulsion. Peu avant la cérémonie, Joïeuse se coupe la main gauche et la jette à la mer où elle est avalée par un esturgeon. Joïeuse avoue à son père son automutilation volontaire pour éviter le mariage, car maintenant elle ne ressemble plus à sa mère.
Furieux, Herpin veut condamner Joïeuse au bucher, mais les barons intercèdent. Elle est bannie du royaume. Avec son écuyer Thiery et munie d’un certain trésor, elle quitte Chypre et navigue jusqu'en Lombardie. Dépouillée par des voleurs et réduite à la pauvreté, Joïeuse fait des travaux de couture, tandis que Thiery travaille dans les champs.
 
v. 28253 – 28591 : Olivier en Terre Sainte : deuxième combat contre le diable.
Olivier réussit à conquérir Jérusalem. Néanmoins, les pèlerins ne peuvent entreprendre le voyage de la Terre Sainte, car un diable marin détruit les navires qui s'approchent de la côte. Seul Olivier est prêt à affronter le monstre. (Ce monstre est le diable sorti du corps d'Otinel et refugié dans le corps d'un saumon). Au moment du combat, le monstre saute à bord du navire d'Olivier et le blesse. Ses armes sont inefficaces et ce n'est que grâce à l'intervention miraculeuse du Blanc Chevalier que le monstre est finalement abattu.
 
v. 28592 – 29316 : Abandon de Palerme aux mains des païens ; fuite de Guillaume.
Gracienne, qui est amoureuse de Guillaume, réussit à s’emparer des clés de la prison. Grâce à la complicité de Mélior, sa dame de compagnie, Gracienne parvient à libérer Guillaume. Tous trois réussissent à s'échapper de Palerme. En apprenant l’évasion, Morandin met fin à ses jours.
Girart et Marie, Bauduyn de Monclin, Ganor et Alis restent en prison à Palerme.
Les trois évadés atteignent Rome où ils obtiennent une audience du pape, qui baptise Gracienne, puis la marie à Guillaume. Ce dernier prie Jésus pour qu'il l'aide à se venger de Morandin et de Sinagon.
Après un séjour de deux semaines à Rome, Guillaume et Gracienne se dirigent vers Monlusant où ils espèrent trouver Olivier, mais celui-ci est en Terre Sainte. Guillaume décide alors de se rendre à Bourges pour y sonner le cor et pour revendiquer ses droits.
 
v. 29317 – 29627 : Échec de Guillaume à Bourges : le fief est aux mains des traîtres.
Guillaume se dirige vers Bourges, où il apprend les multiples exactions des treize fils d'Hermer. Guillaume dévoile son identité, et, peu après, les Berruyers apprennent avec joie sa présence à Bourges.
Les fils d'Hermer ne partagent pas cet enthousiasme, mais Ysacart rappelle qu'il n'y a aucun danger puisque le véritable cor a été remplacé. Il insiste pour que Guillaume passe l'épreuve traditionnelle du cor magique. Naturellement, Guillaume échoue et Ysacart essaie de profiter de l'évènement pour le faire exécuter. Les barons remarquent la profonde ressemblance de Guillaume et de Lion. Ils décident d’épargner Guillaume et de l’emprisonner.
 
v. 29628 – 29995 : Mariage d’Olivier avec Joïeuse qui masque son identité.
Après son expédition en Terre Sainte, Olivier regagne le château de Caffaut qu'il avait donné en récompense à ses parents adoptifs. Il aperçoit un navire dans lequel se trouve une jeune fille qui n'a qu'une seule main. C’est Joïeuse, toujours en exil ; elle prétend s’appeler Tristouse et masque ses origines. Olivier offre de l'épouser. Après quelques hésitations, Joïeuse accepte et le mariage a lieu le lendemain, malgré l’opposition violente de Beatris qui menace Joïeuse de mort.
 
v. 29996 – 30498 : Olivier tente de se faire reconnaître à Bourges mais il échoue.
Un mois après son mariage avec Guillaume, Gracienne arrive à Caffaut. Elle informe Olivier de la situation à Bourges. Olivier réunit une forte armée et il prend congé de Joïeuse. Accompagné du bâtard Guy de Carthage, il assiège Bourges. Pendant trois mois, il tente vainement plusieurs assauts.
Sous la pression des habitants, Ysacart consent à faire passer à Olivier l'épreuve du cor, sachant bien qu'il ne pourra en tirer le moindre son, puisque le vrai cor a été enterré. Olivier accepte et, contre plusieurs otages, il pénètre dans Bourges. Il échoue lamentablement et commence à croire qu'il n'est pas fils de Lion. Sur le chemin de retour, il est attaqué par les fils d'Hermer et fait prisonnier.
Ne voyant pas Olivier revenir, Guy de Carthage coupe la tête aux otages. Gracienne réussit à le convaincre de maintenir le siège de la ville.
 
v. 30499-30985 : Lion rompt ses vœux d’érémitisme et se porte au secours de ses fils.
Dans l’ermitage où il s’est retiré aux environs de Rome, Lion de Bourges consacre sa vie à prier pour l'âme de Florantine, tandis que le Blanc Chevalier lui apporte la manne céleste trois fois par semaine. Un jour, le Blanc Chevalier annonce à Lion qu'il devra s'absenter pendant deux semaines pour aller aider Guillaume et Olivier. Lion exprime son intention de l'accompagner, mais le Blanc Chevalier lui rappelle ses vœux. Lion écarte l'objection en invoquant la miséricorde de Dieu et en promettant de faire pénitence à son retour.
Lion accompagne le Blanc Chevalier jusqu'aux environs de Bourges où ils rencontrent la fée Clariande qui remet à Lion une armure prêtée par le roi Arthur. Lion doit la rendre dans un an et il doit jurer de rendre visite à Arthur et aux fées Morgan, Gloriande et Clarisse.
Lion et le Blanc Chevalier vont d'abord libérer Olivier retenu par Salmon, un des fils d'Hermer. Avant de le faire exécuter, Lion presse Salmon d'indiquer où se trouve le cor. Celui ci avoue les machinations d'Ysacart et insiste que lui seul sait où se trouve le vrai cor. Salmon est pendu avant d'être décapité.
Après la libération d'Olivier, le Blanc Chevalier disparaît dans les cieux, tandis que Lion se dirige sur Paris pour aller obtenir l'aide du nouveau roi Louis. Olivier maintient le siège de Bourges.
 
v. 30986 – 31762 : Machinations de Beatris ; nouvel exil de Joïeuse.
Joïeuse accouche de jumeaux, un fils et une fille, et elle envoie un messager jusqu'à Bourges pour annoncer la nouvelle à Olivier. Mais dès son départ, le messager Henry se fait arrêter par Beatris qui lui promet vingt livres s'il lui amène directement la réponse d'Olivier. Elle séduit un clerc (Thiery) et lui fait écrire un message qui ordonne au châtelain de Caffaut d'exécuter Joïeuse et ses deux enfants. Le message comporte la fausse signature d'Olivier, et il est scellé du sceau contrefait d'Olivier.
À son retour de Bourges, le messager Henry s’arrête chez Beatris qui l'héberge et l'enivre. La nuit, elle substitue au message d'Olivier le faux qu'elle a dicté à son clerc.
Le lendemain, Henry livre le faux message au châtelain qui ne peut se résoudre à obéir. Il va faire exiler Joïeuse et ses enfants, quand un espion de Beatris, Garnier d'Origon, insiste pour que Joïeuse et ses enfants soient brulés. À ce moment, les barons s'emparent du traître Garnier et le jettent dans les flammes.
Joïeuse s'embarque pour l'exil en compagnie de ses enfants. Le navire, sans pilote, atteint Rome où Joïeuse et ses enfants sont recueillis par un sénateur.
 
v. 31763 – 32465 : Restauration de la situation à Bourges avec l’aide du roi Louis.
Lion revient à Bourges accompagné du roi Louis et de plusieurs barons. Dès le lendemain, Ysacart et ses frères sortent de Bourges pour briser le siège. La bataille est longue et indécise. Lion, Louis et Olivier sont vaincus et emprisonnés à Bourges, tandis qu’Aymeri de Narbonne, Guillaume d'Orange et le Bâtard Guy de Carthage continuent à se battre.
Guillaume d'Orange réussit à faire prisonniers Ysacart et ses onze frères, tandis que Guy de Carthage revêt l'armure d'Ysacart et pénètre dans Bourges. Avec l’aide de son ami Clariant de Normandie, il libère Lion et ses deux fils ainsi que d'autres prisonniers. Guillaume retrouve sa femme Gracienne. Louis de France fait ériger un gibet et les traîtres y sont pendus.
Avant de mourir, Ysacart reconnaît sa trahison et indique l'endroit où le vrai cor a été enterré. Lion et ses fils réussissent à le faire sonner, à la grande joie de la population.
Lion suggère de se rendre à Palerme pour reconquérir la cité tombée aux mains de Sinagon et libérer Girart, Bauduyn et d'autres prisonniers. Olivier souhaite passer d'abord par Caffaut.
 
v. 32466 – 33154 : À Caffaut, Olivier découvre les machinations de Beatris.
Dès son arrivée au palais de Caffaut, Olivier demande des nouvelles de sa femme et de ses enfants. Gérard et Élie sont stupéfaits et ne savent pas comment répondre. Ils évoquent le message qu'ils ont reçu signé par Olivier. En entendant ces paroles, Olivier dégaine son épée et veut frapper Gérard et Élie, mais Lion l'arrête pour essayer d'avoir davantage d'informations. Beatris accuse le châtelain et se vante d'avoir tout fait pour défendre Joïeuse. Gérard présente le message qu'il a reçu, et tous sont convaincus qu'il s'agit d'un faux. Le messager Henry avoue. Beatris persiste à nier les accusations d'Olivier et celles d'Henry. Ce dernier défie en duel le clerc Thiery, afin de prouver qu'il dit la vérité.
Le lendemain, Henry et Thiery s'affrontent après avoir baisé les reliques (le clerc trébuche sans pouvoir les approcher). Henry triomphe. Avant d'être pendu, le clerc confesse ses responsabilités et les machinations de Beatris. Henry est fait chevalier en récompense de sa bravoure au combat, tandis qu'Olivier épargne sa mère adoptive.
Maintenant, Lion et ses fils sont prêts à s'embarquer pour Palerme.
 
v. 33155 – 34042 : Reconquête de Palerme par Lion et ses fils.
À la vue de l'immense flotte conduite par Lion, Sinagon comprend qu'il a été trahi par Gracienne, sa nièce. Au cours de la nuit, il offre à sa jeune épouse Margalie, fille du roi des Indes, de décapiter les prisonniers chrétiens, mais celle ci rétorque qu'il est préférable de les épargner. Elle réussit à se faire confier la clé des cellules. Dès le lendemain, Lucion (neveu de Sinagon) mène l'attaque contre les armées chrétiennes. Il est tué par Guillaume. Les Sarrasins refluent vers Palerme, tandis que le messager Henry les poursuit. II se fait hisser sur les remparts où il est maîtrisé, puis emprisonné dans la cellule où se trouvent déjà Girart, Thiery et Henry de Palerme.
Cette nuit-là, Margalie rejoint les prisonniers chrétiens et déclare son amour à Henry le messager qui, après quelques hésitations dues à ses humbles origines, accepte la proposition en mariage. Elle libère tous les chrétiens. Lion retrouve son fils Girart qui lui annonce la mort de Bauduyn de Monclin et celles de l'écuyer Ganor et de Marie.
Avant d’épouser Henry, Margalie est baptisée. Elle reçoit le nom chrétien de Suzanne.
Herpin de Chypre arrive à Palerme. II évoque le serment fait à sa femme mourante, ainsi que la mutilation volontaire de sa fille Joïeuse. Olivier reconnaît immédiatement que sa femme Tristouse est bien la fille d'Herpin. II en fait part à celui ci et lui raconte la trahison de Beatris et la disparition de Joïeuse.
 
v. 34043 – 34106 : Départ de Lion en Féerie.
Lion annonce à tous qu'il doit les quitter, car il doit se rendre au mystérieux rendez-vous que la fée Clariande lui a fixé, près de Bourges. Au petit matin, Lion quitte ses fils et ses amis; il disparaît à tout jamais, probablement au royaume de Féerie.
Deux semaines après la disparition de Lion, Sinagon s'enfuit de Palerme et Guillaume est de nouveau couronné dans sa ville.
 
v. 34107 - 34172 : Meurtres de Girart et de Guillaume par le messager Henry.
Quelques mois plus tard, Olivier et Herpin de Chypre décident de se rendre à Rome. Pendant ce temps, Guillaume reste à Palerme.
Henry fait valoir ses droits et ceux de sa femme Suzanne sur l'Inde, puis ils retournent à Palerme où ils vivent avec Guillaume, jusqu'au jour où le bâtard Girart déclare sa passion pour Suzanne. Henry poignarde Girart, puis, par crainte des représailles, il empoisonne Guillaume avant de s'enfuir vers les Indes en compagnie de Suzanne.
Lorsque Gracienne apprend la mort de son seigneur, elle quitte Palerme pour aller à la recherche d'Olivier.
 
V. 34173 – 34270 : Olivier retrouve Joïeuse ; miracle de la main ressoudée.
À Rome, Olivier et Herpin de Chypre descendent dans l'hôtel où se trouve Joïeuse. Un enfant joue avec une bague en or, qui roule à terre jusqu'à Olivier. Ce dernier reconnaît la bague de mariage de Joïeuse. L'enfant conduit Olivier jusqu'à sa mère. En voyant Olivier, elle s'évanouit. Il lui raconte les agissements de Beatris. Pendant ce temps, le cuisinier de l'hôtel découvre, dans l'estomac d'un esturgeon qu'il vide, la main de Joïeuse qu'elle avait jetée à la mer. Le pape réussit à la raccorder miraculeusement.
Après quinze jours, Herpin repart pour Chypre. Olivier ramène Joïeuse à son royaume de Burgos.
 
v. 34271-34298 : Meurtre d’Olivier par le messager Henry.
Olivier apprend que son frère Guillaume a été empoisonné et que le bâtard Girart a été poignardé par Henry. II se lance à la poursuite d'Henry (en Inde), par qui il est finalement tué d'un coup de lance.
Joïeuse demeure inconsolable. Ses enfants sont élevés à Burgos jusqu'à l’âge où ils peuvent se venger d'Henry.
Manuscrits
 
Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 22555 (XVe siècle)
 
Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 351 (XVIe siècle)
 

Edition choisie
 
Lion de Bourges, poème épique du XIVe siècle, édition critique par William W. Kibler, Jean Louis G. Picherit et Thelma S. Fenster, Genève, Droz, 1980.
Lion de Bourges (vers 1350)